15/7 La route pour Harstadt

Difficile de se remettre de toutes ces émotions. Je suis toujours empli de cette émotion née de la rencontre avec ces immenses bestioles.
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J’ai réalisé que j’avais encore une chance de choisir mon option A pour le trajet à venir, option qui me laisse une certaine marge de manœuvre à Harstardt pour gérer le dimanche. L’expérience de la semaine dernière dans une ville désertée y compris par Dieu me laisse penser que j’ai intérêt à être prudent et surtout pas trop ambitieux en matière d’activité ou de déplacement.
Grâce à un déploiement d’énergie pas possible (footing sous la pluie pour récupérer mon sac à dos et marche très intense sur 900 m tjs sous la pluie) j’attrape le ferry, premier step de mon trajet. Je passe de l’île d’Andoya à Sonja. Pendant la traversée houleuse, je passe des vêtements secs et me retrouve en nu-pieds, mes chaussures ayant été totalement noyées sous les paquets d’eau reçus à la recherche des baleines et lors du footing. Je sympathise avec un couple à qui je raconte ce « safari whales ». Ils sont de l’île et bien entendu, n’ont jamais pensé à faire cette sortie. En débarquant du ferry, je trouve le terminal de bus bien vide. Le couple de norvégiens me propose alors de profiter de la voiture de leur ami et ils me déposent 80 km plus loin à Finnsnes. Au passage j’ai droit encore à de fabuleux paysages et surtout des lieux où tu t’imagines bien vivre quelques temps : petite maison sur une île reliée à la côte par une passerelle, ou bien maison de pêcheurs sur une île uniquement accessible en barque. Bref que de solitude et de tranquillité en perspective ! Là au moins t’es sûr que tes potes ne passent pas par hasard. J’imagine aussi la difficulté d’y vivre en hiver.
Comme dit le chauffeur norvégien, faut y être né pour supporter l’hiver.
À Finnsnes, j’ai quelques heures à patienter car le Hurtigrute Polarys (le ferry côtier le plus réputé de Norvège) fait escale à 4h.
Je me trouve un porche à l’abri de la pluie et du vent, improvise un bivouac et m’endors bercé par les bruits du port (claquements des filins sur les mâts, cris des mouettes, clapot des vagues : ça vaut bien le bruit de la rocade, non ?). La nuit est agréable malgré la pluie et le froid. Il doit faire 5 degrés à tout péter. Mais je commence à m’habituer à ne pas avoir de toit sur la tête. Il faut juste ne pas avoir froid ( merci encore Patrick ) et utiliser le masque magique qui crée la nuit quand il n’y en a pas.
Les quelques heures passées sur le Polarys sont un délice. Salle chauffée, une vue permanente sur la côte splendide. Je finis ma nuit bercé par le ronronnement des moteurs du bateau.
8h du mat j’ai des frissons. Oui, je sais, je n’ai pas inventé ces paroles, mais il se trouve qu’elles correspondent à mon état d’esprit, et chacun fait ce qui lui plaît (plaît plaît). Bref, la ville est morte, froide et non pas humide mais détrempée. Pas un bar ouvert à cette heure. Je me réfugie dans un hôtel sélect et j’y quémande un kaffe. La réceptionniste a pitié, je m’installe donc au chaud dans le lounge avec un café, en attendant l’ouverture du touristinfosenter. L’occasion de visualiser ce trajet à nouveau… Je le dis, dans le voyage, ce qui compte n’est pas forcément la destination. C’est l’esprit que tu y mets, ta faculté de percevoir ce qui se passe autour de toi, de saisir des opportunités, de ne pas voir l’autre comme un danger potentiel mais comme qq’un qui a envie souvent de partager, en somme, de laisser tomber tout ce qui contraint notre vie quotidienne (efficacité, obligation de réussite, sécurité, un temps très cadencé… Et tout le reste).
Voila pour les pensées du matin.
Si tout se passe bien je vais passer la journée dans un centre de balneo. Vu le temps pourri de toute façon pas moyen de faire les autres choses que je rêve de faire ici : kayak ou snorkeling.
Demain destination Narvik, dernière étape norvégienne de ce voyage. Ensuite, ça sera le train pour Stockholm où Martine me rejoindra. Un autre voyage commencera alors.

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One Response to 15/7 La route pour Harstadt

  1. Sig says:

    Euh… C’est « 5h du mat, j’ai des frissons » mais bon… Le fait que tu croies connaître les paroles je pense que c’est « juuuuuuuste une i-llu-sion » 😉

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